Changer, prendre un nouveau chemin, faire un choix, c’est prendre des risques. Ce n’est pas confortable, ni prévisible. C’est sortir du connu. Se lancer.
Et cela peut échouer.
Ou réussir.
Mais ce qui nous freine, bien souvent, ce n’est pas ce qui va se passer, c’est ce que nous imaginons que cela dira de nous.
Et si j’échoue, que va-t-on penser ?
Si je réussis, est-ce que je vais perdre ma place ?
Et si je me retrouvais seul·e ?
Et si je n’étais pas à la hauteur de mes propres choix ?
Ces pensées, souvent silencieuses, nous paralysent.
Alors comment s’en libérer ? Comment retrouver un espace de mouvement, de choix, de souffle ?
Comment redevenir acteur ou actrice de notre trajectoire — même si elle est imparfaite, mouvante, incertaine ?
La peur, cette grande immobilisatrice
La peur est un mécanisme de survie.
Elle est là pour nous éviter ce qui pourrait nous blesser ou nous mettre en danger.
Mais parfois, elle devient un frein généralisé au mouvement.
Une peur floue, qui murmure à l’intérieur :
» Tu n’es pas prêt. «
» Tu vas te ridiculiser. «
» Et si tu te mettais en danger ? »
Elle nous coupe de nos élans, nous fait douter de notre intuition, de notre valeur.
Et ce qui est douloureux, ce n’est pas toujours la peur elle-même, mais l’immobilité qu’elle génère.
En Gestalt, on ne cherche pas à « vaincre » la peur.
On s’en dissocie pour ne pas se laisser envahir (nous ne sommes pas cette peur !).
On l’accueille. On l’observe
On la sent dans le corps.
On comprend ce qu’elle nous dit, de notre expérience ou de notre passé.
Et on la laisse passer.
Et surtout : on ne lui donne aucun pouvoir.
L’échec, ce tremplin qu’on évite
Beaucoup veulent s’en libérer, l’éviter, le bannir… alors qu’il peut être une ressource formidable.
Car oui, l’échec, c’est souvent ce qui nous permet d’avancer, de réussir, de nous ajuster.
C’est parce que je me suis trompée que j’ai compris.
C’est parce que je suis tombée que j’ai découvert ce dont j’avais besoin pour me relever.
C’est parce que j’ai osé, même maladroitement, que j’ai appris quelque chose de moi.
En Gestalt, nous ne cherchons pas à éviter l’imperfection.
Nous faisons confiance au processus vivant : tentative, ajustement, répétition, transformation. Rien n’est à jeter.
« L’échec est l’épice qui donne sa saveur au succès. » – Truman Capote
L’échec n’est pas une fin. C’est une étape.
Un passage.
Parfois même, une chance déguisée.
C’est exactement ce que propose la démarche d’Action Learning en formation : on n’attend pas de tout savoir avant d’agir.
On apprend dans l’action, en confrontant nos hypothèses à la réalité, en observant les effets de nos choix, en ajustant notre manière de faire.
Et dans cette logique, se tromper fait partie intégrante du processus d’apprentissage.
C’est même souvent la meilleure façon d’apprendre.
Parce que l’erreur met en lumière une limite. Elle rend visible ce qui ne fonctionne pas, ce qui manque, ce qui doit être revu. Elle crée du mouvement. Et sans mouvement, il n’y a pas de changement.
L’Action Learning ne cherche pas à éviter l’échec. Elle l’intègre dans son processus, elle s’en sert, elle le transforme en chemin.
Et c’est profondément gestaltien : c’est dans l’expérience directe que je me découvre.
Pas dans la réflexion pure. Pas dans la prévision. Dans le vécu, dans le contact avec l’autre, avec mon environnement.
Imagine un bébé…
Un bébé qui apprend à marcher tombe, encore et encore. Et puis un jour, après un certain nombre de tentatives et d’échecs, il arrive à faire ses premiers pas.
C’est naturel n’est ce pas ? L’avons-nous oublié ? Car devenus adultes, nous faisons autrement : nne tentative ratée, un rejet, un doute… et on abandonne, on se décourage, on se remet en question. Et on arrête d’essayer encore… comme si l’erreur disait quelque chose de définitif sur nous. Mais non. Ce n’est qu’un passage.
Imaginez le bébé qui après plusieurs tentatives se dit : « Trop d’échecs, je renonce et reste assis toute ma vie. ».. Ca poserait quelques problèmes n’est ce pas ?
« Il n’y a qu’une façon d’échouer, c’est d’abandonner avant d’avoir réussi. » – Olivier Lockert
Ce qui fait mal, ce n’est pas de tomber. C’est le jugement intérieur.
Ce qui nous blesse souvent le plus, ce n’est pas l’événement lui-même.
C’est le discours intérieur qu’il déclenche :
- « Je suis incapable. »
- « Je n’aurais pas dû. »
- « C’est bien fait pour moi. »
Ces phrases ne sont pas la réalité.
Ce sont souvent des mémoires. Des héritages familiaux, scolaires, culturels.
Des jugements que nous avons intégrés trop tôt, trop vite.
En Gestalt, on ne les combat pas frontalement.
On les nomme.
On les relie à leur origine.
On les traverse dans la relation, dans le contact, dans l’émotion parfois.
Et c’est là que quelque chose bouge.
Je ne suis plus prisonnier·e de cette voix ancienne.
Je redeviens capable de choisir.
Et si j’avais peur de réussir ?
C’est une peur plus difficile à reconnaître. Mais parfois on échoue parce qu’on a peur de réussir.
Pourquoi ?
Parce que réussir,
C’est devenir visible.
C’est prendre sa place.
C’est parfois s’exposer à l’envie, à la critique, à la solitude.
C’est aussi quitter un certain confort : celui de l’entre-deux, de la prudence, du rôle familier.
Et parfois, cela dérange des loyautés invisibles ou inconscientes :
- « Dans ma famille, on reste simple. »
- « Chez nous, on ne fait pas de vagues. »
- « Si je vais trop bien, je ne fais plus partie du clan. »
Réussir demande aussi de voir et d’assumer ce que j’ai de beau, de fort, de créatif.
Et ce n’est pas toujours facile.
C’est là que la Gestalt est puissante.
Elle permet d’aller regarder ce qui résiste, ce qui fait peur, ce qui freine.
Elle aide à détecter et à se libérer des vieux schémas qui enferment.
Elle donne un cadre pour accompagner l’émergence du nouveau : ce qui en moi veut vivre, créer, s’affirmer.
Grâce à la Gestalt, vous pourrez révéler ce que vous avez de beau, de fort, de créatif, sans vous sentir coupable
À l’accepter pleinement.
Et à laisser derrière les rôles anciens qui ne vous correspondent plus.
Alors comment se libérer de la peur de l’échec ou de la réussite grâce à la Gestalt ?
En l’accueillant quand elle surgit, sans la fuir, sans la juger.
En la regardant en face, pour l’observer
En la laissant nous traverser sans la retenir… puis s’éloigner.
On ne combat pas la peur.
On l’écoute.
On comprend ce qu’elle vient dire de notre passé, de nos fragilités, de nos fidélités anciennes.
Et on choisit de ne plus lui laisser le pouvoir de diriger nos pas.
Parce que ce n’est pas l’absence de peur qui libère.
C’est le fait de ne plus s’y identifier.
Et de continuer, malgré tout, à avancer vers ce qui nous appelle.
« Ne t’inquiète pas de l’échec, inquiète-toi des chances que tu manques lorsque tu n’essaies même pas. » — Jack Canfield


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