Pourquoi j’ai du mal à dire non ? 

Il y a ce moment suspendu. 
Quelqu’un me demande quelque chose, et une part de moi sait que ce n’est pas juste pour moi. 


Mais je dis oui. 
Je souris peut-être même. Je mets mon masque. 


Et, aussitôt, un petit tiraillement s’installe, discret ou cuisant, comme une corde que j’aurais trop tendue à l’intérieur. Mon ventre est contracté et ce n’est pas agréable 

Dire non à l’autre, ce n’est pas seulement articuler trois lettres. C’est s’autoriser à exister dans la relation. 

En Gestalt, on parle de relations harmonieuses, où avec l’autre, on cherche la qualité du contact, où chacun existe pleinement.  Dire non, c’est  parfois ne pas répondre à la demande de l’autre pour rester en fidélité à son propre besoin. Et cela, pour beaucoup d’entre nous, c’est un effort immense. 

Pourquoi ? Parce que dire non, c’est renoncer à être aimé « à tout prix ». C’est risquer de ne plus être vu comme « gentil, serviable, arrangeant ». 


C’est parfois réveiller une mémoire plus ancienne : celle d’un enfant qu’on a félicité pour son obéissance, pour sa capacité à ne pas faire de vagues, pour sa capacité à se taire ou à s’effacer. Celle d’un enfant qui s’est sur-adapté pour plaire à son entourage, pour obéir aux injonctions sans jamais prendre en compte ses besoins. 

Mais dans cette obéissance apprise, dans ce « oui » poli qui trahit un « non » intérieur, il y a souvent une rupture avec soi, avec ses besoins et ses émotions, qu’on met en veilleuse, qu’on dissimule et qu’on finit par oublier. 
Un effacement de qui on est vraiment. On devient celle ou celui qu’attendent les autres et on ne sait plus rien de soi.  
 

Dans une posture gestaltiste, je m’invite à sentir. 
Avant de répondre, je prends le temps. 
Je descends dans le corps. 
Je m’écoute. 

Est-ce que je suis d’accord ? 
Est-ce que j’ai envie ? 
Est-ce que j’ai l’espace, la disponibilité, l’élan ? 

Et si ce n’est pas le cas, suis-je prête à soutenir cette vérité dans la relation ? 

Dire non, ce n’est pas être contre l’autre. 
C’est être avec soi, c’est être présent et exister. Et c’est parfois créer un espace de rencontre plus authentique, car plus nuancé. 

Ce « non », je peux l’incarner, je peux le dire avec douceur, avec assertivité. 
Pas pour blesser, mais pour rester intègre.  

Et je découvre, petit à petit, que dire non n’est pas forcément être rejetée. 
Que ceux qui tiennent vraiment à moi accueillent mes limites.  
Que ce « non » ouvre un « oui » plus juste, plus libre, plus vivant. 

Alors je m’entraîne. 
À sentir. À nommer. À assumer. 
A prendre ma responsabilité d’adulte. A découvrir mon espace de choix. 
Et dans ce chemin, je me retrouve. 

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Anne-Sophie est une thérapeute en Gestalt qui accompagne les jeunes adultes en quête de sens, les aidant à surmonter leurs blocages émotionnels et à s’épanouir pleinement.

À propos de moi

La Gestalt thérapie

La Gestalt thérapie est une approche humaniste qui aide à mieux comprendre ses émotions, ses schémas de vie et à développer une présence consciente pour surmonter ses blocages et s’épanouir.

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